René Caillé
Né à Mauzé sur le Mignon (Deux-Sèvres) le 19 novembre 1799, René Caillé va s'illustrer par ses voyages.
De tous les étrangers qui ont pénétré à Tombouctou, il fut le premier à sortir vivant de cette ville interdite aux européens. Son périple se termina le 27 septembre 1828, à Tanger. Il regagna la capitale française où il fut accueilli triomphalement. Mais sa santé, fragilisée par ses nombreux périples, l'obligea à quitter Paris. Il résida quelques mois en banlieue puis se rendit à Mauzé, son village natal. Après quelques temps, il décida de se rapprocher d'un ami qu'il avait connu à Paris, Valère Corbinaud, notaire à Pont l'Abbé d'Arnoult.
Il s'installa à Beurlay d'où il contacta des personnalités pour repartir en Afrique afin de reprendre ses explorations. Malheureusement pour lui il ne reçut aucun soutien. Il vécut ainsi 3 années à Beurlay durant lesquelles ses économies diminuères. Il s'avisa donc d'acheter une ferme " La Badaire " sur la commune de La Gripperie-Saint-Symphorien, en 1935 pour la faire fructifier. Sa méconnaissance de l'agriculture, sa santé fragile lui furent néfastes et sa situation ne s'améliorera pas.
Le 13 novembre 1836, les électeurs de Champagne, commune sur laquelle une partie de son domaine s'étalait, l'élirent conseiller municipal. Suivant la législation en vigueur, le préfet le nomma maire. Le 08 janvier 1837, René Caillé prêta le serment de la fidélité au roi Louis-Philippe et à la Constitution. Dès sa prise de fonction, un opposant Jacques-André Saurin, trouble toutes les réunions du conseil municipal par des interventions intempestives. Excédé, René Caillé écrit au sous-préfet pour l'informer de la situation :
" Vous savez, Monsieur le Sous-Préfet, combien les fonctions de maire sont épineuses par elles-mêmes ; il ne faudrait pas, pour complaire à quelque amour-propre blessé ou à quelque ressentiment personnel, faire perdre au citoyen qui s'y dévoue la récompense de ce qu'il a fait ou de ce qu'il voudrait faire dans l'intérêt de ses administrés. "
Malgré cette intervention, les attaques de Saurin continuent ce qui pousse René Caillé à démissionner. Une première fois refusée par le préfet, celui-ci accepte la démission de René Caillé réitérée par un courrier en date du 07 mai 1838.
Le 12 mai, il s'alite et meurt le 17. Le même jour, le Préfet nomme Saurin maire de Champagne.
Le 19 mai le cortège funèbre quitte " La Badaire " pour Pont l'Abbé d'Arnoult.
Le ministre de la Marine a délégué aux obsèques un officier supérieur du port de Rochefort. La Société de Géographie de Paris est représentée par Jaumard, membre de l'Institut et vice-président de cette société. Son ami, Valère Corbinaud assiste aux funérailles, très ému.
Victor Liotard
Né le 17 juillet 1858 à Chandernagor, aux Indes, Victor Liotard repose dans le cimetière de Pont l'Abbé, bien que n'ayant aucune attache familiale dans la localité.
Son père originaire de Provence travaillait aux Indes. Dès 8 huit, le jeune Victor fut orphelin. Hyacinthe
Massiou, médecin de Marine, en service dans cette vieille colonie française le prit en tutelle. C'est ainsi que Victor arriva à Pont l'Abbé d'où son protecteur était originaire et fit ses études à Rochefort.
A la mort de M. Massiou, un ami de celui-ci, le Dr Jacques Gilbert, recueille l'orphelin. Certainement influencé par les carrières de ses protecteurs et le souvenir de son enfance, il devient pharmacien de la Marine et commençe à parcourir le monde.
En 1883, il est en Guyanne.
En 1886, il est au Soudan avec Galliéni.
En 1891, il est attaché à la mission scientifique au Congo au coté de Savorgnan de Brazza. Cette affectation détermine chez lui un vif intérêt pour les expéditions géographiques. Il bénéficie de distinctions honorifiques suite à des travaux dans ce domaine. Peu après, il est nommé commissaire de la République en Afrique Equatoriale. Il pénètre en Haut-Oubangui où il organise l'administration au profit de la France. Son travail est rendu pénible par la végétation locale, les conditions climatiques et la cruauté des indigènes anthropophages. Mais Victor Liotard est persévérant, il connaît bien les mours primitives ce qui lui permet de vaincre bien des difficultés.
En 1900, il est gouverneur des Colonies au Dahomey. Ensuite il vit quelques années en Nouvelle-Calédonie puis le gouvernement de la Guinée Française lui est confié. Ainsi s'achève sa carrière coloniale, il a 52 ans.
Lors de sa mise en retraite, en 1910, il reçoit la rosette de la Légion d'honneur et se retire à Bordeaux.
En 1911, il est élevé à l'honorariat du grade de Gouverneur Général de Colonies.
Il décède à Bordeaux le 22 août 1916, à l'âge de 58 ans et est enterré à Pont l'Abbé selon son désir.